21/07/2010

de Marielle à Stéphanie - 25 avril 10

Chère Stéphanie,
Bonjour,

Ces derniers temps, j'ai passé de très nombreuses heures, au boulot, sur internet (jamais sans une pierre de Tourmaline noire entre l'écran et moi : même si les collègues me prennent pour une folle…). (Elle enlève, absorbe, les ondes magnétiques).
Et, maintenant, c'est devenu un rituel, après les corvées administratives, vient le plaisir de consulter le blog de Broc.

Et, donc, j'ai pu lire la réponse à l'ancien amoureux, de votre jeunesse. Ça fait un peu voyeuse de lire vos souvenirs… Mais bon, c'est attendrissant. Alors, comme ça, cet amoureux est poête… Vous avez dû vivre des moments intenses, lorsque votre ami vous faisait partager ses hésitations avec les mots, son engagement poétique, et, enfin, l'accouchement de ses textes. Tout ça, c'est magique, ce partage. Magnifique! Mais… Mais… Mais…

Arles, Manègeà côté de la Bourse du Travail et de l'office du Tourisme.

806McSteph6.jpg

---

Mais, vous, Stéphanie, vous buviez ses paroles. Vous le souteniez dans sa création, dans les tâches du quotidien aussi (ménage, achats de nourriture…). Et puis, ses petites remarques un peu ironiques sur les femmes furent amusantes, au début, et, à la longue, très blessantes. Alors, ce fut très apaisant de ne plus envisager une vie commune et d'aller voir ailleurs si l'herbe, si l'air n'était pas meilleurs. Il n'avait rien compris à votre envie d'écrire vous aussi… Et même si ce n'est pas tout à fait comme ça que votre relation avec cet homme s'est passée, c'est ce que vous avez imaginé et pu anticiper face à ses comportements. E, malgré votre jeune âge, vous étiez lucide de l'évolution possible de cette relation. Alors, vous avez suspendu cette relation, la laissant inachevée pour ne conserver que le meilleur d'une rencontre… et pouvoir, par la suite, la rêver.

Et, aujourd'hui, longtemps après, il vous a retrouvée, vous a écrit. Vous lui avez répondu. Le dialogue est-il vraiment renoué, vous a-t-il écrit de nouveau?

Pensez-vous que l'amour, ce beau sentiment est au rendez-vous, renait-il de ses cendres?

Paris, Manège, à côté de la Halle St-Pierre, Montmartre, c'est celui du film d'Amélie Poulain. XVIIIe arr.

805McSteph5.jpg

---

Pour ma part, quand une histoire de cœur est finie, je ne cherche pas à lui donner une nouvelle chance, même si je peux garder de l'affection pour la personne, ou de bons souvenirs. C'est fini, c'est fini, voilà.
Or, chacun fait comme il le veut, ou comme il le peut. Je ne suis pas en train de vous donner des conseils. Juste, partageons entre nous, nos expériences de femmes, ça se fait souvent entre filles, en toute confiance. Car, nous nous connaissons de mieux en mieux… Alors… Copine, confidence pour confidence, je suis, souvent, tombée amoureuse, comme vous, d'hommes artistes. E, j'adore ça. Car, c'est un bel échange, c'est très porteur d'espoir et de création. Je pense que l'amour intellectuel et physique propulse la vie comme une force créatrice.
Or, il faut être vigilant… Ce n'est pas facile d'être deux engagés dans la création. Il faut éviter la fusion, l'étouffement, les rivalités. Il faut respecter l'évolution de chacun, le rythme de chaun… Il faut répartir les tâches très banales du quotidien. Le merveilleux peut facilement tourner au cauchemar, si tout cela n'est pas respecté.

Et puis, il ne faut pas se leurrer, quand on crée on a besoin de solitude ; alors, être en couple, ce n'est vraiment pas facile…

Arles. Manège à côtéde l'office du Tourisme.

804McSteph4.jpg

---

 

Et, j'avoue que chaque fois qu'une relation d'amour s'installe dans ma vie, je me débrouille pour ne pas vivre totalement en couple (appartements séparés, souvent). Ce n'est pas mal comme solution…
Et, puis, pour arriver à créer tout en travaillant pour subvenir aux besoins matériels pour être indépendante, j'ai fait le choix de ne pas avoir d'enfant… On porte un drôle de regard sur toi… mais, une femme n'a pas besoin d'enfant pour être femme, non ? C'est un choix comme un autre. Ça ne m'a jamais posé de problème et ça ne veut pas dire que je n'aime pas les enfants.

Il y a eu juste un petit passage difficile à la mort de mon père où tut sens qu'après toi, c'est le vide parce qu'il n'y a pas d'enfant qui prolonge la vie et la fait perdurer… Tu cohabites un peu avec la mort… Mais, comme, pour ne pas mourir, tu es engagée dans une modeste création, tu crées autrement la vie. Voilà, c'est compliqué et simple à la fois.

Je pense que vous comprenez…

Au fait, vous n'avez pas envie d'utiliser votre vieille machine à écrire pour inventer de nouveau, des poèmes ?

Je vous embrasse.

803McSteph3.jpg

801McSteph1.jpg802McSteph2.jpg

Les commentaires sont fermés.